Dans la très chic rue Grignan, l’esprit tout feu tout flamme de ce Grenat a quelque chose de presque irrévérencieux. L’adresse a ce plaisir de montrer une cuisine où on se salit les mains, où les viandes transpirent au-dessus des braises, où la graisse fait les jus, où l’on ne cache rien des métabolismes naturels à l’œuvre. Antoine Joannier et Neil Mahatsry conçoivent en parallèle une assiette méditerranéenne finalement très élégante, remarquable dans les assaisonnements et les jus, comme ce parfait de foies de volaille avec un condiment os à moelle et myrtille, oxalis, violette et poudre d’échalote, ou encore cette superbe poitrine d’agneau tendrement grillée, laquée à l’hibiscus avec une émulsion à la moutarde sauvage (cultivée dans leur potager juste derrière), accompagnée d’un chou rave fermenté d’une belle acidité, texture croquante, tout en contraste. On termine sur un dessert un peu plus régressif mais pas mal fait, un brownie au malt et graines de tournesol, crème infusée au chaï et crème namelaka. Cave courte et intéressante.