Assurément, cette table offre une belle carte postale : blottie entre falaise et Dordogne, face à la rivière, elle se niche au cœur d'un ensemble remarquable de maisons de pierres. La salle à manger, installée au premier étage, prolonge la douceur périgourdine. Sol de pierre, poutres apparentes, tables bien espacées et sans nappes, le registre rustique chic est fort confortable. Quant à la cuisine, elle reste attachée à un classicisme ouvert aux influences contemporaines : les produits nobles sont relevés de condiments bien choisis. Le lingot de foie gras plaît pour son assaisonnement équilibré et la fraîcheur apportée par la gelée de mangue. Les fines ravioles de langoustines, façonnées avec cette apparente simplicité artisanale, séduisent pour leur délicatesse, même si la bisque annoncée se réduit malheureusement à quelques points décoratifs autour de l'assiette. La sole d'Arcachon, fraîche et cuite avec précision, est accompagnée d'œufs de poisson et d'élégants rubans de légumes qui donnent du relief à la présentation, mais le fumet crémeux promis reste trop discret. Le ris de veau, fondant à cœur et doré sous une croûte fine et croustillante, repose sur quelques girolles ; la tartelette de céleri-rave qui l'accompagne, d'une finesse presque pâtissière, confirme le soin extrême apporté à l'assiette. On termine avec le namelaka chocolat-café, qui joue avec gourmandise sur les textures du chocolat, entre crème fondante, mousse plus intense et tuile sablée, malgré une glace un brin trop ferme. Les compositions sont fines, les gestes appliqués, les dressages impeccablement tenus. La carte des vins, forte d'un peu plus de quatre-vingts références et de nombreuses demi-bouteilles, défend honnêtement le Sud-Ouest et Bordeaux à des tarifs raisonnables.