Voilà une cuisine et voilà un chef ! C'est Guillaume Barengo qui commande, au salé comme au sucré, au milieu de sa brigade qui l'entoure et le suit. Tout le monde se prend terriblement au sérieux, ce qui enlève un peu de plaisir et de naturel au moment passé dans cette élégante salle contemporaine, bois clair et table sans nappe au revêtement gris noir façon cuir. Malgré l'atmosphère un brin pesante, on parvient à prendre du plaisir sur les mises en bouche (très joli " souvenir d'enfance " haricots verts poitrine fumée braisée siphon de pomme de terre jus de cochon à la marjolaine) comme sur un maquereau mariné puis brûlé à la flamme gelée d'arêtes céleri-rave et caramel citron, nectar de céleri branche et caviar osciètre Kaviari : un grand plat qui pourrait valoir quatre toques. On va ensuite un peu decrescendo, même si le minestrone zitone bouillon basilic et légumes d'été fait bonne figure, le pigeon avec sa déclinaison sur le cassis et la pêche, moins passionnant, malgré le boulot effectué, permettant néanmoins de gagner trois toques, qui se maintiendront si le service n'essaie pas de surjouer. Belle carte des vins, dans le catalogue comme dans le choix au verre, surtout sur le blanc - Jobard, Chave…), avec une vraie connaissance du sommelier, montrée sur des choix ciblés.