Inaugurée en février 2026, la nouvelle bâtisse, signée AEA Architectes, compte parmi les ouvertures hôtelières et gourmandes les plus remarquées de l’année. On vient ici pour le spa déjà couronné parmi les plus remarquables du monde mais aussi désormais pour cette architecture contemporaine aux volumes spectaculaires, surtout dans la salle de l’étage coiffée d’une nef, dont la hauteur, les jeux de lumière et la cave mise en scène composent un décor rare. La cuisine fusion, d’inspiration franco-nippone, parle une langue cosmopolite, séduisante, très codifiée, où miso, yuzu, ponzu, shiso, wasabi, sésame et teriyaki forment un lexique aromatique immédiatement reconnaissable. Le carpaccio de crevette Gambero Rosso, très frais et finement taillé, charme par sa vivacité même si les herbes, nombreuses et peu expliquées, prennent le pas sur la délicatesse du crustacé. Les crabes mous croustillants, d’apparence assez simple, convainquent par une gourmandise sans détour, relevée par l’avocat et la salsa de maïs grillé. Le black cod teriyaki se distingue par la justesse de sa cuisson et la qualité de son exécution ; la sauce, généreuse et intensément parfumée, mériterait seulement un peu plus de retenue pour préserver la noblesse du poisson, quand le risotto servi à part apporte une note savoureuse et très bien conduite. L’entrecôte de cochon basque, un peu trop cuite, perd la tendreté rosée que l’on attendait malgré un jus réduit plaisant et des pommes paille croustillantes. Le soufflé crémeux au chocolat grand cru achève le parcours avec une intensité maîtrisée et justement sucrée, et trouve dans la glace au pralin de maïs un contrepoint original et croustillant. La cave impressionne par ses bordeaux rares, ses grandes étiquettes et ses demi-bouteilles bienvenues.