« Le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui. » Jean de La Bruyère et Lucas Marini furent bien inspirés de l'écrire, pour le premier, d'en faire une maxime trônant au-dessus du passe, pour le second, certain qu'une clientèle venue d'ailleurs, sera sensible à la formule… Depuis dix ans, l'Arazur s'attache donc à faire plaisir, autour d'une bistronomie de bon ton, flirtant par moments avec des inspirations japonisantes et s'embourgeoisant à d'autres : tartare de daurade, pomme verte et algue nori, un excellent bouillon de topinambour et légumes racines croquants assorti d'un carpaccio de saint-jacques, poitrine de cochon et pointe de purée de carotte à l'orange, le chausson feuilleté de pigeon et foie gras… Deux options pour faire agapes : prendre le menu dégustation à 85 €, à l'aveugle, ou choisir à la carte, avec une addition qui ne remplira pas forcément l'idée première de faire plaisir, tant les prix semblent d'une autre époque. La cave montre de belles choses, tandis que le service a la célérité d'une balle.