C'est un rendez-vous assez discret, une maison cachée en contrebas de la route principale, offrant une vue imprenable sur la baie de La Ciotat et l'île Verte. Adresse assez bourgeoise et chic, le ton est doux, la lumière est tamisée, la décoration ne prend aucun risque, avec des couleurs chaudes, du bois clair en lattes, de la pierre brute et des mises en table sérieuses, propices aux repas d'affaires et aux réunions familiales. Nans Gaillard, formé chez les grands, à la Chèvre d'or ou encore chez Lasserre, exprime une belle cuisine méditerranéenne, pleine de références et techniquement au point. Le menu à 105 € tient ses promesses, avec la belle entrée de pagre comme un gravelax, des beaux morceaux pleins de tendresse sous un couvercle de caviar baeri, crème fouettée aneth et concombre peut-être un peu trop banale, une trilogie de la mer très réussie, autour du lieu, du saint-pierre et de la daurade grise, sur un fond très riche de soupe de poisson, d'une belle réduction, pomme de terre safranée, cébette et betterave, puis un gourmand gratin de macaronis au foie gras et au céleri, tranches de truffes noires et jus de viande, qui n'est pas sans rappeler le plat signature d'Éric Fréchon, enfin un rafraîchissant entremet poire et marron. Cave courte mais bien choisie, avec un bon conseil au verre (Jonathan Pabiot, domaine du Colombier, François Villard, Alain Voge, domaine Leflaive…). Service très agréable.