La maison de Julien Binz cultive dès l’entrée une certaine préciosité : fresque inspirée de "La Fontaine d’Amour" de Fragonard, grand miroir Napoléon III, boiseries gris souris, pampilles, dentelles noires et sculpture dorée dessinent un décor qui ne redoute ni l’ornement ni l’éclat. Formé auprès d’Haeberlin, Gaertner et Westermann, le chef défend une cuisine classique éclairée, parfois voyageuse, attachée aux beaux produits, aux contrastes et aux assiettes satellites qui donnent à ses compositions leur mouvement. Son « Histoire de tomate » en fournit la démonstration la plus brillante : eau de tomate au chipotle, tartelette de brunoise, tomates cerises en pickles à la vanille, stracciatella, remarquable sorbet de Green Zebra au basilic, pastèque marinée au balsamique et gaspacho fumé forment un ensemble foisonnant dont l’acidité, remarquablement conduite, assure l’unité. Le turbot confit à basse température dans l’huile de verveine possède une chair fondante, rehaussée d’amandes torréfiées, de céleri et d’un beurre blanc verveine-citronnelle d’une grande justesse, même si l’extrait d’amande amère paraît ici appuyer inutilement le propos. Avec l’agneau français, la partition regarde vers l’Orient : côtelette fondante et cromesquis d’épaule confite à la chapelure Panko trouvent dans le condiment de dattes, olives et citron un contrepoint précis et gourmand. La fraise d’Alsace achève le repas dans un joyeux feu d’artifice : omelette norvégienne cubique, comme un clin d’œil aux années 1970, fraises marinées à la fleur de sureau et bulle de savon comestible emprisonnant une fumée de fraise Tagada réveillent les souvenirs d’enfance sans que la virtuosité tourne au gadget. Élégant et appliqué, le service participe pleinement à l’harmonie de la maison, tandis que les attentions successives, jusqu’aux chocolats maison, entretiennent agréablement le tempo. La cave, enfin, possède une personnalité peu commune : le grand cru Kaefferkopf sous de multiples expressions, vieux millésimes de Maurice Schoech, complantations et macérations côtoient l'excellence bourguignonne, avec une sélection au verre d’une rare densité.
7 Rue des Cigognes, 68770 Ammerschwihr, France
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Les peoples
Julien BinzChef
Julien BinzChef
Sandrine Kauffer‑BinzDirectrice de salle
Sandrine Kauffer‑BinzDirectrice de salle
Cindy SchirrCheffe Sommelière
Cindy SchirrCheffe Sommelière
Emma RobertCheffe de rang
Emma RobertCheffe de rang
Menu
A la carte
Entrée
Langoustine en deux préparations, En croustillant sur une royale, jus coco-tandoori, En tartare aux agrumes, siphon pomelos
60 €
Truite en deux versions, Légèrement fumée au nori et condiment citron-miel, Façon gravelax, pickles de radis et betteraves, crème au raifort d’Alsace
48 €
Plat principal
Le homard de nos côtes, Pickles de betteraves, gel litchi, palets de riz, jus de homard corsé
80 €
L’agneau « Terroir d’Alsace » en deux préparations, Le carré rôti, panisses aux amandes, figue au porto, jus figue et gingembre, L’épaule confite, pois chiche aux épices
65 €